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Archives de Catégorie: Bande dessinée

Jimjilbang, de Jérôme Dubois : déroutant mais peu convaincant.

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jimjilbang-jerome-dubois

3ème article de ma série de lecture Corée du Sud, cette fois avec un auteur français de bande dessinée, qui relate son séjour en Corée dans ce « Jimjilbang ».

C’est un ouvrage fort déroutant, surtout pour un amateur de comics comme moi. Ces planches en noir et blanc, très répétitives, quasiment sans dialogues, sont finalement assez austères et intellectuelles. La recherche graphique de Jérôme Dubois est réelle, certaines pages sont impressionnantes, surtout pour les scènes urbaines où il rend assez bien l’aspect parfois surréalistes de la ville coréenne, d’autres justes banales, comme ses monologues sur fond noir sans grand intérêt.

Cet aspect graphique rend aussi les personnages très peu concrets et attachants, et la tête d’aspirine du héros est plus un concept un peu vaseux qu’une vraie réussite.

Le plus étrange, mais pas forcément négatif, est l’attitude du personnage, en forte opposition avec ce pays qu’il n’avait pas choisi, qu’il découvre, et où il ne trouve pas sa place. On peut aussi le trouver inutilement agressif ou immature, à vrai dire tout cela nous est asséné sans contexte; et de la même manière sa bascule de point de vue nous semble autant incompréhensible. On aurait aimé que l’auteur nous donne des clés de lecture et de compréhension du héros, mais ce n’est pas le cas.

Au global, une lecture déroutante, parfois stimulante, mais peu convaincainte.

L’étrange et belle destinée du « Transperceneige »

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BD-Transperceneige-intégrale

Le Transperceneige, c’est d’abord l’histoire d’une obscure série de bandes dessinées français, des années 80 aux années 2000, dont l’existence m’avait à vrai dire totalement échappé; et qui sont un peu par hasard redécouvertes par un cinéaste sud-coréen, qui décide d’en faire une adaptation sous format blockbuster hollywoodien d’auteur. Et le pire, c’est que ça marche (voir ma critique du film sur : )

Mais qu’en est-il de la BD elle-même ? Je dois reconnaître que mon jugement est assez mitigé.

Le premier tome, fondateur, « Le transperceneige », est finalement assez noir et répétitif. Peut-être le plus « artistique » des  3 tomes, le plus intransigeant; c’est aussi celui qui installe toute l’histoire. Le trait de Rochette, alors tout jeune dessinateur issue de la vague « punk » du dessin, est noir, anguleux, peu aimable, peu détaillé; mais il traduit aussi une intensité de l’action, une force des visages, la noirceur du destin, le caractère impitoyable de l’environnement. Et le scénario du créateur, Lob, est remarquable par sa simplicité, son audace et son efficacité. Simplicité de l’histoire (remontée du train…), audace de l’univers et du huis clos, efficacité des personnages dont le héros Proloff (ce nom!), de la crédibilité du train, de la conclusion amère. Ajoutant à cela un côté poème en prose, de la fameuse phrase d’introduction par exemple, « Parcourant la blanche immensité d’un hiver éternel et glacé, d’un bout à l’autre de la planète, roule un train qui jamais ne s’arrête », qu’on peut lire et relire comme un mantra.

Parcourant la blanche immensité

Le tome 2, « L’arpenteur », est celui qui m’a le plus convaincu. Presque 20 ans après, le trait de Rochette s’est considérablement adouci et densifié; l’univers gagne en chaleur et en cohérence, en beauté pure aussi dans certaines illustrations. La « mythologie » du Transperceneige est considérablement développée et renouvelée dans ce tome, par l’apport du 2ème train, par la présence des « arpenteurs »; la structure similaire de prise du pouvoir par Puig Vallès est plus finement menée et se révèle finalement bien plus intéressante.

SNOWPIERCER LE TRANSPERCENEIGE

Le tome 3, « La traversée », est sans doute le tome de trop. Il n’apporte rien graphiquement (mais reste tout aussi plaisant que le tome 2 de ce point de vue); par dans tous les sens dans les intrigues politiques qui finissent par lasser, et quitte aussi l’épure d’origine de la série par les développements nombreux qu’il amène, et à mon sens font perdre à cette série sa rigueur, sa cohérence et son intérêt. Comme toujours, c’est en respectant les cadres d’une figure imposée de base qu’une bonne histoire s’épanouit, et non en les détruisant.

Quelques liens intéressant sur francetvinfo, sur l’histoire de la saga, et sur les étonnantes difficultés de sortie du film aux Etats-Unis.

 

 

Nu-Men 1&2 – Fabrice Neaud

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Nu-Men1

On avait connu Fabrice Neaud pour son oeuvre graphique et autobiographique, et les 4 tomes de son « Journal » étaient de vraies oeuvres graphiques, à la fois intimes, réflexives, au style personnel et affirmé, et auxquels on s’attachait très facilement.

Mais il faut bien reconnaître qu’il était cantonné à un créneau « auteur », et qu’on attendait avec une certaine curiosité son « Nu-Men », soit son arrivée sur un domaine science-fiction grand public dont on se demandait comme il allait s’en sortir.

La réponse est claire : fort bien. Neaud tisse une série ambitieuse, référencée, politisée, fort fouillée, et construit un univers original et une narration maîtrisée.

Neaud1

Série ambitieuse : Neaud nous projette dans un avenir proche, où les Etats Unis ont sombré suite à une catastrophe naturelle, où l’Afrique a été décimée par une pandémie de Sida / Ebola accompagnée de nano technologie non maîtrisée, et où l’Europe, le Moyen Orient et l’Asie mènent la danse dans une société très hiérarchisée. Ce souci d’une recréation d’univers rappelle d’ailleurs The Massive de Brian Wood, récemment traduit en français, qui lui décrit un univers post apocalypse climatique.

Série fouillée, car les personnages sont riches, denses, et après 2 tomes portent encore de nombreux mystères dont on aimerait vraiment avoir les clés. Ainsi, le héros Anton est un soldat culturiste, dévoué, indépendant d’esprit, mais aussi au passé d’escort…Son ancienne subordonnée, Savolainen, se transforme subitement en (Wo)Men in Black ce qui nous fait supposer qu’elle est moins innocente qu’on ne veut bien nous le dire. Même un des méchants, Mtislav, se révèle avoir un passé et sa psychologie familiale rentre largement en compte dans son comportement. Bref, Neaud ne nous prend pas pour des imbéciles et nous livre de solides caractères.

Narration maîtrisée, car sous des dehors d’apparente fluidité, il réussit dans chacun des tomes de 48 pages à nous présenter une foule de personnages, une diversité de lieux, de temps, et le tout en étant parfaitement clair et limpide (du moins autant qu’il veuille l’être à ce stade du récit). On remarquera d’ailleurs dans le 2ème tome que celui qui était le « héros » du 1er tome n’apparaît qu’à la 20ème page, signe que le récit sera plus polyphoniqu qu’on aurait pu supposer.

Nu-Men2

Enfin, et c’était peut-être là où l’on attendait le plus l’auteur, le trait de Neaud se révèle tout à fait adapté à son histoire. On retrouve les corps musculeux et virils qu’il aime à dessiner, mais aussi des visages travaillés, des scènes d’action frappantes, des pages de paysages urbains assez surprenantes. La mise en couleur rend son trait encore plus dynamique et vivant. Tout au plus pourrait-on regretter l’absence de pages vraiment frappantes par l’originalité de la composition ou du sujet, et encore est-ce sans doute un choix volontaire.

Au global, Neaud tient toute ses promesses, et l’on est impatient de suivre la suite de la série, qu’on espère longue.

 

Quelques liens :

« Un retour inattendu et fracassant » : http://www.actuabd.com/Le-Retour-inattendu-et-fracassant

« Une très grande saga de science-fiction » pour Sebso :  http://par-la-bande.blogspot.fr/2013/08/nu-men-tome-2-quanticafrique-de-fabrice.html, qui avait déjà apprécié le tome 1 : http://par-la-bande.blogspot.fr/2012/01/nu-men-tome-1-guerre-urbaine-de-fabrice.html

 

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