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Brothers of the night, drôles de frères…

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C’est vraiment un drôle d’objet que ce film « Brothers of the night » (pourquoi d’ailleurs ce titre anglais et pas l’original allemand Brüder der Nacht, ou le simple « Frères de la nuit »… ?).

Déjà, on hésite pour savoir s’il s’agit d’un documentaire, d’une fiction, d’un reportage. Si l’on a bien compris, le réalisateur Patric Chira a tourné avec les « vrais » personnages, mais leur a demandé de rejouer des scènes, dans les lieux originaux ou ailleurs. Cela donne des séquences parfois invraisembables, parfois magnifiques, parfois les 2 ; le souci de réalisme n’est pas premier. Avec une volonté assumée d’esthétisation, on est souvent proche d’un mélange de Fassbinder et de Pierre Gilles, avec ces jeunes hommes en tenue de marin ou en blouson de moto. Et pourtant, on n’est pas dans un délire onirique, les sujets, les conversations, les situations étant diablement terre à terre…

Car oui, le sujet est bien entendu dérangeant. Entendre parler de prostitution masculine pendant 1h30, avec parfois force détail et commentaires, est parfois lassant, voire irritant. On aurait presque aimé les entendre sur d’autres sujets, parler de leurs vies, de leur famille, de la violence de leur condition, de l’Autriche. Et c’est souvent dans les très courts passages qui en traitent que l’émotion est la plus forte et que le film touche au cœur de ses personnages.

Mais ce qui emporte la conviction de ce film, ce sont les « acteurs » (jouent-ils vraiment ?), formidables de vie, criants de vérité, dont l’énergie emporte tout sur son passage. Ils ne cachent rien, n’ont peur de rien, assument mensonges, double ou triple vie, sont vantards, violents, passent leur vie à boire des bières, à fumer et à tapiner, s’inquiètent de l’avenir mais brûlent la chandelle par les 2 bouts, et se retrouvent le soir au Rüdiger pour convaincre quelques vieux allemands de faire une passe avec eux.  Le film se conclut sur une scène de danse dans le club, où tout se mélange ; délirante et superbe, et l’on voudrait que cette nuit n’ait pas de fin ; pour eux, les Frères de la nuit…

Pour les anglophones, le réalisateur Patric Chiha en dit un peu plus dans cette interview :

Carpool Karaoke – la série, mais chez Apple

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Carpool Karaoke, c’était cette séquence ultra sympa du Late late show de James Corden, devenu un phénomène Youtube, et dans laquelle de plus en plus de stars se pressaient pour passer 12 minutes de camaraderie et de bonnes vibes avec le bon gars James. Bon, parfois ça se voyait un peu trop que c’était forcé, n’est-ce pas Madonna, mais en général ça donnait vraiment de bons moments.

Et puis voilà que la nouvelle est tombée : ça devient une série, avec sa 1ère saison, sans James Corden -ou presque-, et c’est sur Apple Music. Autant dire que tout ce qui faisait l’intérêt de la séquence, la camaraderie, le côté un peu improvisé, tout ça c’est fini, maintenant on est dans un show marketé et vendu par la Pomme, et tout devient « larger than life » : au lieu d’aller au Mc Do comme avec Serena Gomez, maintenant c’est toute une fanfare qui vient jouer autour de la voiture; ou carrément un hélicoptère qui transporte les invités.

L’exemple typique du concept qui non seulement va perdre de la saveur, mais va même devenir répulsif, en devenant un produit marketing trop calibré. Dommage.

Pierre Barouh, au cabaret de la dernière chance

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Acheter un peu par hasard, chez un libraire roubaisien bien connu de la place de la Gare, le dernier numéro de La Revue Dessinée.
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Y découvrir, en ouverture de ce  numéro hiver 2016, l’histoire dessinée de Saravah Records, le label de Pierre Barouh.
Etre fasciné par cette évocation d’un mythique été 72 avec la bande de Saravah à Carpentras et Vaison la Romaine où, convaincu d’être bientôt à sec, Pierre Barouh investit ces 2 villes pendant tout l’été avec ses amis
Trouver l’album « 50 ans de Saravah » sur Napster et l’écouter 2 fois dans la matinée

http://fr.napster.com/embedded-player/?g=242406904BAA3445E050960A3903252D&ocode=social_user&pcode=social_user&cpath=Embed&rsrc=album#/albums/alb.241244861

Flasher sur le « Au kabaret de la dernière chance » d’Olivia Ruiz : est-ce une reprise ? une création perso ? a-t-elle été signée sur Saravah ? [a priori, les paroles de la chanson ont été écrites par Pierre Barouh, et Olivia Ruiz en fait une reprise pour le label…]
Découvrir après quelques recherches cette merveilleuse version d’Yves Montand

Redécouvrir aussi parmi les artistes maisons Bastien Lallemand, Albin de la Simone…
Déplorer un léger manque de musique brésilienne dans cette compilation.
Quelques jours après, apprendre la disparition de Pierre Barouh à 82 ans.
Life’s a bitch.
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Rogue One : un premier spin-off réjouissant

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On se demandait un peu ce que ça donnerait, cette idée de sortir des films dans l’univers de Star Wars, qui ne soient pas dans la chronologie officielle. Avec (presque) que des personnages nouveaux.

La sortie de ce Rogue One nous confirme ce qui est presque une banalité : quand on a une bonne histoire et de bons personnages, ça donne un bon film; et l’inclusion dans l’univers Star Wars avec tout son folklore est une agréable cerise sur le gâteau.

Une bonne histoire, celle de la manière dont les plans de l’Etoile noire ont été dérobés par l’Alliance Rebelle pour permettre…ben ce qu’il se passe dans « Un nouvel espoir ». Surtout, une histoire surprenante, étonnamment noire, tendue, violente, complexe. On parle d’une guerre, et on ne fait pas une guerre avec des bons sentiments. Alors oui, on tue des informateurs, on missionne des snipers, on agit sous couvert d’une autre mission, on doit faire des choix parfois expéditifs, on n’est jamais sûr de personne.

Les résonances avec l’actualité très récente sont aussi nombreuses; on ne peut pas voir par exemple dans le personnage de Saw Gerrera un leader d’un groupuscule qui ne renierait pas des actions kamikaze ou terroristes. Et pourtant on a besoin de lui pour la cause…

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De bons personnages, car l’équipe brinquebalante qui se constitue autour de l’héroïne Jyn Erso ne manque pas de personnalités et se révèle assez attachante, sans non plus que le film ne verse dans un buddy movie à la « Gardiens de la Galaxie ». Non, on reste dans un registre plus tendu et plus sombre. Et justement, la fin du film nous rappelle que la guerre nécessite parfois des sacrifices…

On pourra regretter que la mise en scène soit un peu paresseuse, et si la construction du film est impeccable, il manque quand même de moments clés réussis, de plans qui marquent, de passages inattendus. On reste quand même dans le convenu, le bon travail de réalisateur hollywoodien, mais sans génie particulier.

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Jyn et son crew

Enfin, le « fan-service », c’est à dire la volonté d’inclure dans le film des passages, des personnages, des références aux autres films de la saga Star Wars fait l’objet de débats sur le net; je dois avouer que pour ma part, étant loin d’être un érudit en la matière, la plupart des références me sont passées inaperçues (du lait bleu dans un bar ça ne me rappelait rien, désolé); et donc tout cela ne m’a pas vraiment dérangé. Beaucoup moins que la tonalité ultra nostalgique et référencée du « Réveil de la Force », l’an dernier, qui en était presque auto-parodique à certains moments.

Finalement, on regrette presque que ce Rogue One ne soit pas le démarrage d’une trilogie; et on se réjouit de ce premier spin off de l’univers Star Wars, on attend avec impatience celui sur la jeunesse de Han Solo…

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Jesus to a child, hommage à George Michael

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Il y a peu de titres que j’ai autant écouté que « Jesus to a child » de George Michael. Peu de titres qui m’aient autant ému, un morceau qui m’émeut toujours autant, une chanson qui m’émouvra sans doute toujours. Je l’ai ré-écoutée ce soir, alors que le décès de son auteur a été annoncé aujourd’hui, et j’ai, presque comme à chaque fois, eu la chair de poule en l’écoutant.

Il y a bien sûr de nombreuses raisons personnelles qui font que ce titre signifie autant pour moi depuis sa sortie en janvier 96, sur lesquelles je ne m’étendrai pas aujourd’hui.

Mais c’est, avant tout et surtout, parce que c’est une oeuvre magistrale et une chanson magnifique.

C’est une bossa nova lente et triste, presque iconique. Calme et digne, une longue plage instrumentale l’ouvre avec élégance. La production, plus de 20 ans après, est intemporelle et aussi fraîche qu’au jour de la sortie.

La voix de George Michael arrive bientôt, « kindness in your eyes… », plus haute qu’à l’accoutumée, presque frêle, délicate, incroyablement expressive, sensible et contrôlée. On a l’impression que chaque intonation, chaque soupir, chaque accent ont été mûrement réfléchis pour créer une émotion maximale. Et c’est exactement l’effet produit. Ça marche.

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Le refrain, « when you find love, when you that it exists », est bien sûr une puissante affirmation musicale, une mélodie absolument imparable, et surtout une affirmation de la force de l’amour qu’il a ressenti, d’un effet véritablement irrésistible. Pour La Rochefoucauld, dans ses « Maximes », « Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux, s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour ». Ce soir, je paraphraserai volontiers La Rochefoucauld pour dire qu’ ‘il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux, s’ils n’avaient jamais entendu Jesus to a Child de George Michael ».

Aujourd’hui, on en sait beaucoup plus sur cette chanson et sur la vie sentimentale de George Michael à l’époque. En plein conflit avec sa maison de disque Sony, fatigué par une tournée mondiale pour son album précédent « Listen without prejudice », il rencontre Anselmo Feleppa, un designer brésilien, fin 1990, qui devient son grand amour. Hélas, 3 fois hélas, il apparaît que Feleppa est malade du Sida, et il décèdera en mars 93, laissant un Michael dévasté et rempli de culpabilité. La légende dit que c’est après le décès d’Anselmo qu’il trouvera le courage de révéler son homosexualité à son mère. Si la puissance émotionnelle de Jesus to a Child est à la mesure de l’amour qu’il ressentait pour Feleppa, c’est à la fois une preuve par l’exemple de la sublimation d’une douleur personnelle dans une oeuvre d’art; et aussi pour George Michael une perte dont il ne se remettra sans doute jamais totalement.

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George Michael et Anselmo Feleppa, photo Louie de Fillipis

Gala nous en dit un peu plus sur l’histoire de George Michael et Anselmo Feleppa.

Et Kurt Corbeille signe un excellent article hommage à George Michael, l’homme qui a inventé les années 90.

Assassin’s Creed : sauve qui peut!

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Assassin’s Creed, le film, poursuit en beauté la tradition de ratage des adaptations de jeux vidéo au cinéma. Pourtant, on aurait pu imaginer que la présence de Marion Cotillard et de Michael Fassbender au générique était un gage de qualité et qu’ils ne se seraient pas commis dans un navet. Quelle erreur…

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Bon, essayons de positiver, il y a quelques bons côtés dans ce film. Les reconstitutions du passé, l’Andalousie en 1492, sont plutôt réussies et crédibles; esthétiquement un peu monotones mais néanmoins tout à fait convaincantes. En particulier, une belle séquence dans l’Alhambra est à mettre à l’actif du metteur en scène, tout comme une séquence de poursuite sur les toits de la ville, très proche du jeu, avec glissades sur les toits en tuile et rebondissements sur les cordes à linge. De même, côté scénario, l’articulation entre le présent et le passé est plutôt bien fichue et permet de ne pas être uniquement dans un « film à costumes » médiéval.

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Pour le reste, c’est sauve qui peut à tous les étages. L’histoire est d’une banalité rare et on ne croit vraiment à aucun moment aux enjeux réels du charabia philosophique autour de la Pomme d’Eden, du libre arbitre, des Templiers et des Assassins. La structure du film reproduit les niveaux d’un jeu, mais on en perd le fun, la progression dramatique; et pour le reste les personnages sont tellement peu travaillés qu’ils restent au niveau de la caricature. Les dialogues sont neutres, on a peine à retenir une phrase ou une formule marquante. Même la formule des Assassins manque d’accroche, de force, de puissance.

Par charité, on n’insistera pas sur le jeu d’acteur de Marion Cotillard, dont on a du mal à comprendre le succès international tellement elle est inexpressive et pièttre comédienne. Michael Fassbender en fait des tonnes, mais on se demande vraiment si le jeu en vaut la peine, on admire son dévouement à une cause déjà perdue. Il paraît qu’une trilogie est en préparation, on n’attend pas la suite impatiemment.

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Défense et illustration de JUL

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Un journaliste – courageusement anonyme- d’Ouest-France hier s’est fait plaisir hier en descendant proprement le rappeur Jul dans un court article, intitulé « On sort! » – et s’est payé un joli succès viral sur Twitter et ailleurs (19 000 RT pour ce tweet quand même…)

On y lit notamment que le dernier album du rappeur marseillais, « L’ovni », est « une catastrophe industrielle majeure », rempli « d’instrus putassiers », et que Jul a « un talent d’écriture digne d’un enfant de CE2 en route pour un 3ème redoublement », et s’étonne que le disque soit disque de platine et que le Zénith de Nantes soit complet pour ce concert. Coup de pied de l’âne – ou in cauda venenum, la photo du rappeur est sous titrée « Jul, le Zlatan du rap français, le talent en moins ». Ouch !

On est surpris de tant de causticité, et si on peut apprécier la plume acérée et le côté pamphlétaire – pourtant assez facile – de l’article, on se demande néanmoins ce qu’un tel article fait dans Ouest France, d’habitude bien plus placide; et on se demande aussi ce qui a pu justifier un tel déferlement de critique sur le pauvre Jul. On aimerait d’ailleurs voir Ouest France aussi remonté, quand ils passent à Nantes, contre les insupportables roucoulades de Kendji, ou contre l’inanité de M. Pokora et son sinistre album de reprises de Claude François, mais il faut croire qu’il s’agit là de production de grande qualité. On se dira que les cultures urbaines sont encore loin d’avoir convaincu tout le monde, et qu’un certain bon goût a plus de mal à tolérer les artistes appréciés dans les quartiers que les gagnants de The Voice…

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Oh certes, on ne prétendra pas non plus que Jul est l’artiste du siècle, et il y a peu de chances que les paroles de « Wesh alors » soient l’objet d’études en cours dans 15 ou 20 ans, quand les kids d’aujourd’hui seront devenus prof de français.

Pourtant, j’aurais la faiblesse de croire qu’on n’est pas impunément n°1, et que JUL propose quelque chose que les autres rappeurs français peinent à atteindre; et ce quelque chose pourrait être une vraie simplicité, une épure, une accessibilité, un côté « vie réelle » qui le met à part des autres.

Les instrus, jugés « putassiers », sont plutôt d’une grande simplicité, finalement très sobres, peu variés, facilement imitables; mais toujours dynamiques, positifs et faciles à intégrer.

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Les textes tournent principalement autour de Jul, sa vie, ses copains, ses sorties. On admettra qu’il n’y a pas vraiment d’envergure, tout cela est sans prétention, « no prise de tête » en gros. Il y a pourtant quelques rimes drôles ou originales (YMCA / canon scié, fallait oser !), des morceaux assez ambigus comme ce « Elle et l’autre » dont on ne comprend pas trop de laquelle Jul est sous le charme. Et si l’ensemble n’est pas vraimentremarquable, je pourrai néanmoins y voir des vertus pédagogiques, sur le thème « toi aussi tu peux écrire aussi bien que Jul, pas difficile de faire au moins aussi bien ».

Ce qui est vraiment personnel, c’est la faconde, l’abattage, le charisme du rappeur; sa manière inimitable de caser des petites mélodies, des hooks, des répétitions et des jeux de mots un peu partout. Et ce côté hypnotique d’un auto-tune utilisé sans aucune vergogne, à vrai dire comme une bonne moitié de la production rap du moment, mais ici tellement artificiel qu’il en devient presque une affirmation artistique.

On ne passera pas sous silence le côté visuel des productions de JUL, là aussi d’un kitsch désarmant et inimitable. Le clip de « L’ovni » atteint même des sommets avec ce plan où Jul, sur son scooter en compagnie d’extra-terrestres à la coupe de cheveux « jul-ienne », s’élance dans les airs au dessus de Marseille et échappe ainsi à un barrage de policiers, qui bien sûr le saluent en faisant le signe de JUL…(belle invention d’ailleurs, que ce signe de Jul, pour un artiste qui n’est censé avoir aucun talent…)

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Je sais, j’ai l’air de faire moi-même de l’ironie sur le sujet, mais c’est plutôt avec une réelle tendresse que j’en parle. Oui, tout cela est bancal, mal foutu, un peu naze, pas vraiment fini, et je crois sincèrement que c’est ce côté foutoir bordélique et prolifique qui plaît tant aux ados de 2016; et si cela peut leur donner envie de mettre le pied à l’étrier, d’acheter un synthé ou de programmer leur premier instru, d’écrire un texte où ils parlent d’une sortie entre potes au Mc Do, bref s’il peut décomplexer son public et leur donner envie de faire la même chose que lui, eh bien Jul aura servi à quelque chose…

(une version légèrement remaniée de cet article a aussi été publiée sur le site medium.com)

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