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« Les Républicains » me sont tombés des mains

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C’est sans doute pour de mauvaises raisons que j’ai commencé à lire « Les Républicains », le dernier livre de Cécile Guilbert. Sans doute attiré par le titre, la promesse d’un roman à clé, l’actualité présidentielle…Le mélange entre littérature et politique donne parfois de beaux enfants, comme « L’aube, le soir, la nuit » de Yasmina Réza, ou le « Rien ne se passe jamais comme prévu » de Laurent Binet.

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Hélas, je n’ai pas pu dépasser les 20 premières pages de ce livre. Au delà d’un démarrage poussif, convenu et de personnages peu engageants, c’est surtout la lourdeur et l’inélégance du style qui m’ont découragé. Que penser d’une entrée dans un bar où l’héroïne s’assoit sur « un joli petit canapé flanqué de deux opulentes bergères qu’encadraient deux volées d’étagères couvertes de volumes reliés en maroquin pourpre » ? Peut-on vraiment tolérer une phrase aussi bancale, chaotique et finalement de si peu d’intérêt que « Au nom de cette vieille camaraderie d’école dont tu espérais qu’elle ne servait pas seulement de marchepied, de passe-droit ou de sauf-conduit en politique comme en affaires, mais pourrait aussi, peut-être, établir entre vous un climat de confiance propice à la révélation de quelques vérités »…

« faire style », c’est sans doute aussi cette métaphore lourdingue et parfaitement convenue de « cette autre vie qui promettait d’être sans fin comme cette artère luxueuse, grisante, dont les vitrines de Noël chamarrées d’or étincelaient de chaque côté de l’habitacle et semblaient éclairer vos visages à tour de rôle »…

Mon conseil à Cécile Guibert : plus court, plus nerveux, moins pompeux. Enfin, comme elle est « l’auteur d’une oeuvre littéraire importante » comme le signale la 4ème de couverture, je doute qu’elle écoute mon conseil de béotien…

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Cécile Guilbert, photo Nicolas Guilbert

 

 

Jamiroquai, Cloud 9, same old…

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Tu aimes les grosses voitures, les top models féminins qui dansent dans des vidéos, le jazz funk un peu rance et les paroles bravaches ?

Jay Kay de Jamiroquai aussi, et ça fait 20 ans que ça dure. Le précédent single de son nouvel album, Automaton, avait heureusement surpris; celui-ci montre qu’il est de retour aux bons basiques. On n’attendra pas avec impatience sa tournée des festivals cet été.

Brothers of the night, drôles de frères…

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C’est vraiment un drôle d’objet que ce film « Brothers of the night » (pourquoi d’ailleurs ce titre anglais et pas l’original allemand Brüder der Nacht, ou le simple « Frères de la nuit »… ?).

Déjà, on hésite pour savoir s’il s’agit d’un documentaire, d’une fiction, d’un reportage. Si l’on a bien compris, le réalisateur Patric Chira a tourné avec les « vrais » personnages, mais leur a demandé de rejouer des scènes, dans les lieux originaux ou ailleurs. Cela donne des séquences parfois invraisembables, parfois magnifiques, parfois les 2 ; le souci de réalisme n’est pas premier. Avec une volonté assumée d’esthétisation, on est souvent proche d’un mélange de Fassbinder et de Pierre Gilles, avec ces jeunes hommes en tenue de marin ou en blouson de moto. Et pourtant, on n’est pas dans un délire onirique, les sujets, les conversations, les situations étant diablement terre à terre…

Car oui, le sujet est bien entendu dérangeant. Entendre parler de prostitution masculine pendant 1h30, avec parfois force détail et commentaires, est parfois lassant, voire irritant. On aurait presque aimé les entendre sur d’autres sujets, parler de leurs vies, de leur famille, de la violence de leur condition, de l’Autriche. Et c’est souvent dans les très courts passages qui en traitent que l’émotion est la plus forte et que le film touche au cœur de ses personnages.

Mais ce qui emporte la conviction de ce film, ce sont les « acteurs » (jouent-ils vraiment ?), formidables de vie, criants de vérité, dont l’énergie emporte tout sur son passage. Ils ne cachent rien, n’ont peur de rien, assument mensonges, double ou triple vie, sont vantards, violents, passent leur vie à boire des bières, à fumer et à tapiner, s’inquiètent de l’avenir mais brûlent la chandelle par les 2 bouts, et se retrouvent le soir au Rüdiger pour convaincre quelques vieux allemands de faire une passe avec eux.  Le film se conclut sur une scène de danse dans le club, où tout se mélange ; délirante et superbe, et l’on voudrait que cette nuit n’ait pas de fin ; pour eux, les Frères de la nuit…

Pour les anglophones, le réalisateur Patric Chiha en dit un peu plus dans cette interview :

Carpool Karaoke – la série, mais chez Apple

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Carpool Karaoke, c’était cette séquence ultra sympa du Late late show de James Corden, devenu un phénomène Youtube, et dans laquelle de plus en plus de stars se pressaient pour passer 12 minutes de camaraderie et de bonnes vibes avec le bon gars James. Bon, parfois ça se voyait un peu trop que c’était forcé, n’est-ce pas Madonna, mais en général ça donnait vraiment de bons moments.

Et puis voilà que la nouvelle est tombée : ça devient une série, avec sa 1ère saison, sans James Corden -ou presque-, et c’est sur Apple Music. Autant dire que tout ce qui faisait l’intérêt de la séquence, la camaraderie, le côté un peu improvisé, tout ça c’est fini, maintenant on est dans un show marketé et vendu par la Pomme, et tout devient « larger than life » : au lieu d’aller au Mc Do comme avec Serena Gomez, maintenant c’est toute une fanfare qui vient jouer autour de la voiture; ou carrément un hélicoptère qui transporte les invités.

L’exemple typique du concept qui non seulement va perdre de la saveur, mais va même devenir répulsif, en devenant un produit marketing trop calibré. Dommage.

Pierre Barouh, au cabaret de la dernière chance

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Acheter un peu par hasard, chez un libraire roubaisien bien connu de la place de la Gare, le dernier numéro de La Revue Dessinée.
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Y découvrir, en ouverture de ce  numéro hiver 2016, l’histoire dessinée de Saravah Records, le label de Pierre Barouh.
Etre fasciné par cette évocation d’un mythique été 72 avec la bande de Saravah à Carpentras et Vaison la Romaine où, convaincu d’être bientôt à sec, Pierre Barouh investit ces 2 villes pendant tout l’été avec ses amis
Trouver l’album « 50 ans de Saravah » sur Napster et l’écouter 2 fois dans la matinée

http://fr.napster.com/embedded-player/?g=242406904BAA3445E050960A3903252D&ocode=social_user&pcode=social_user&cpath=Embed&rsrc=album#/albums/alb.241244861

Flasher sur le « Au kabaret de la dernière chance » d’Olivia Ruiz : est-ce une reprise ? une création perso ? a-t-elle été signée sur Saravah ? [a priori, les paroles de la chanson ont été écrites par Pierre Barouh, et Olivia Ruiz en fait une reprise pour le label…]
Découvrir après quelques recherches cette merveilleuse version d’Yves Montand

Redécouvrir aussi parmi les artistes maisons Bastien Lallemand, Albin de la Simone…
Déplorer un léger manque de musique brésilienne dans cette compilation.
Quelques jours après, apprendre la disparition de Pierre Barouh à 82 ans.
Life’s a bitch.
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Rogue One : un premier spin-off réjouissant

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On se demandait un peu ce que ça donnerait, cette idée de sortir des films dans l’univers de Star Wars, qui ne soient pas dans la chronologie officielle. Avec (presque) que des personnages nouveaux.

La sortie de ce Rogue One nous confirme ce qui est presque une banalité : quand on a une bonne histoire et de bons personnages, ça donne un bon film; et l’inclusion dans l’univers Star Wars avec tout son folklore est une agréable cerise sur le gâteau.

Une bonne histoire, celle de la manière dont les plans de l’Etoile noire ont été dérobés par l’Alliance Rebelle pour permettre…ben ce qu’il se passe dans « Un nouvel espoir ». Surtout, une histoire surprenante, étonnamment noire, tendue, violente, complexe. On parle d’une guerre, et on ne fait pas une guerre avec des bons sentiments. Alors oui, on tue des informateurs, on missionne des snipers, on agit sous couvert d’une autre mission, on doit faire des choix parfois expéditifs, on n’est jamais sûr de personne.

Les résonances avec l’actualité très récente sont aussi nombreuses; on ne peut pas voir par exemple dans le personnage de Saw Gerrera un leader d’un groupuscule qui ne renierait pas des actions kamikaze ou terroristes. Et pourtant on a besoin de lui pour la cause…

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De bons personnages, car l’équipe brinquebalante qui se constitue autour de l’héroïne Jyn Erso ne manque pas de personnalités et se révèle assez attachante, sans non plus que le film ne verse dans un buddy movie à la « Gardiens de la Galaxie ». Non, on reste dans un registre plus tendu et plus sombre. Et justement, la fin du film nous rappelle que la guerre nécessite parfois des sacrifices…

On pourra regretter que la mise en scène soit un peu paresseuse, et si la construction du film est impeccable, il manque quand même de moments clés réussis, de plans qui marquent, de passages inattendus. On reste quand même dans le convenu, le bon travail de réalisateur hollywoodien, mais sans génie particulier.

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Jyn et son crew

Enfin, le « fan-service », c’est à dire la volonté d’inclure dans le film des passages, des personnages, des références aux autres films de la saga Star Wars fait l’objet de débats sur le net; je dois avouer que pour ma part, étant loin d’être un érudit en la matière, la plupart des références me sont passées inaperçues (du lait bleu dans un bar ça ne me rappelait rien, désolé); et donc tout cela ne m’a pas vraiment dérangé. Beaucoup moins que la tonalité ultra nostalgique et référencée du « Réveil de la Force », l’an dernier, qui en était presque auto-parodique à certains moments.

Finalement, on regrette presque que ce Rogue One ne soit pas le démarrage d’une trilogie; et on se réjouit de ce premier spin off de l’univers Star Wars, on attend avec impatience celui sur la jeunesse de Han Solo…

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Jesus to a child, hommage à George Michael

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Il y a peu de titres que j’ai autant écouté que « Jesus to a child » de George Michael. Peu de titres qui m’aient autant ému, un morceau qui m’émeut toujours autant, une chanson qui m’émouvra sans doute toujours. Je l’ai ré-écoutée ce soir, alors que le décès de son auteur a été annoncé aujourd’hui, et j’ai, presque comme à chaque fois, eu la chair de poule en l’écoutant.

Il y a bien sûr de nombreuses raisons personnelles qui font que ce titre signifie autant pour moi depuis sa sortie en janvier 96, sur lesquelles je ne m’étendrai pas aujourd’hui.

Mais c’est, avant tout et surtout, parce que c’est une oeuvre magistrale et une chanson magnifique.

C’est une bossa nova lente et triste, presque iconique. Calme et digne, une longue plage instrumentale l’ouvre avec élégance. La production, plus de 20 ans après, est intemporelle et aussi fraîche qu’au jour de la sortie.

La voix de George Michael arrive bientôt, « kindness in your eyes… », plus haute qu’à l’accoutumée, presque frêle, délicate, incroyablement expressive, sensible et contrôlée. On a l’impression que chaque intonation, chaque soupir, chaque accent ont été mûrement réfléchis pour créer une émotion maximale. Et c’est exactement l’effet produit. Ça marche.

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Le refrain, « when you find love, when you that it exists », est bien sûr une puissante affirmation musicale, une mélodie absolument imparable, et surtout une affirmation de la force de l’amour qu’il a ressenti, d’un effet véritablement irrésistible. Pour La Rochefoucauld, dans ses « Maximes », « Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux, s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour ». Ce soir, je paraphraserai volontiers La Rochefoucauld pour dire qu’ ‘il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux, s’ils n’avaient jamais entendu Jesus to a Child de George Michael ».

Aujourd’hui, on en sait beaucoup plus sur cette chanson et sur la vie sentimentale de George Michael à l’époque. En plein conflit avec sa maison de disque Sony, fatigué par une tournée mondiale pour son album précédent « Listen without prejudice », il rencontre Anselmo Feleppa, un designer brésilien, fin 1990, qui devient son grand amour. Hélas, 3 fois hélas, il apparaît que Feleppa est malade du Sida, et il décèdera en mars 93, laissant un Michael dévasté et rempli de culpabilité. La légende dit que c’est après le décès d’Anselmo qu’il trouvera le courage de révéler son homosexualité à son mère. Si la puissance émotionnelle de Jesus to a Child est à la mesure de l’amour qu’il ressentait pour Feleppa, c’est à la fois une preuve par l’exemple de la sublimation d’une douleur personnelle dans une oeuvre d’art; et aussi pour George Michael une perte dont il ne se remettra sans doute jamais totalement.

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George Michael et Anselmo Feleppa, photo Louie de Fillipis

Gala nous en dit un peu plus sur l’histoire de George Michael et Anselmo Feleppa.

Et Kurt Corbeille signe un excellent article hommage à George Michael, l’homme qui a inventé les années 90.

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