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Philippe Djian, Dispersez-vous, ralliez-vous : une belle prouesse …

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Il y aurait eu tellement de manière de raconter la vie de Myriam. Une vie haletante, brinquebalante, en perpétuel déséquilibre, toujours au  bord du précipice, mais qui n’y tombe jamais vraiment. Ou pas tout à fait.

Djian à Biarritz

Ces 15 ans auraient pu donner la matière, chez d’autres, à un long roman, plein de digressions psychologiques, de détails passionnants, de dialogues enlevés, de réflexions pointues ou amusantes sur l’air du temps. Mais ce n’est pas le chemin qu’a choisi Djian, qui, en vieux renard de la littérature, a choisi entre 2 points la voie la plus courte. Et c’est en 187 pages bien tassées, à tombeau ouvert pourrait-on dire, avec pas mal d’à propos d’ailleurs, à toute berzingue, qu’il nous livre ces 15 ans de la vie de Myriam.

Mais la vitesse ne fait pas tout; c’est surtout par l’art et la manière qu’il nous séduit. La manière qu’il a de tout nous expliquer sans rien nous dire; ou plutôt de ne dire presque rien mais qui explique presque tout. C’est un peu déconcertant au début, et on se rend compte à quel point on a l’habitude d’être pris par la main, chouchouté, chaperonné, par des auteurs qui nous maternent. Rien de cela ici; l’auteur pense que, comme dans la vie, on ne nous dit pas toujours tout mais qu’il faut quand même comprendre quelque chose et aller de l’avant. Et on s’y fait vite; on en devient même accro, et à la fin du livre, on a parfaitement compris où il veut en venir avec une simple phrase comme « J’ai failli lui dire que je ne voulais pas entendre ce qu’il voulait m’annoncer », ce qui est somme toute une belle performance d’auteur, et témoigne d’une finesse de psychologie assez rare.

Djian Arosteguy

On se reconnaît ou on ne se reconnaît pas dans cette Myriam, à la fois insensible à tant de chose et qui vit tout à fleur de peau, aux comportements forcément excessifs comme la vie l’est avec elle – et avec qui la vie ne l’est-elle pas ? Reconnaissons aussi à Djian de merveilleux passsages et des idées de romanciers réussies, comme cette présence lancinante des visites au zoo, comme cette phrase lumineuse sur l’adolescence, « ces années sourdes et blanches, de ces journées où rien n’arrivait, où je ne voyais personne ».

L’art de Djian est tel qu’on ne s’est même pas rendu compte des audaces formelles du texte, du long monologue qu’il constitue, de l’absence de chapitres, de dialogues; et c’est comme happé par cette force vitale de Myriam qu’on lit ce livre presque d’une seule traite. Quelle prouesse !

20160417_191636

Un livre à lire sans modération !

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