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#TopAlbums2013 #16 : Matthew E.White, Big Inner

Publié le

Il existe un studio d’enregistrement quelque part dans le fin fonds des Etats Unis, où ils ont gardé intacte la recette de la soul parfaite. Celle à laquelle se sont abreuvés Marvin, Sam et Aretha. Celle qui n’est qu’élégance, légèreté, sensualité, classe, et spiritualité. Celle que l’idée de performances vocales assourdissantes effraierait, que la perspective de chorégraphies acrobatiques interloquerait. Celle qui verrait comme un crime l’utilisation d’instruments électroniques, alors qu’on peut faire de si belles choses avec des voix, une basse, un piano, des cordes, des cuivres et rien d’autre.

Ce studio se trouve à Richmond, Virginie; et c’est une sorte de Bigfoot, un colosse barbu et poilu, du nom de Matthew E. White, qui y a enregistré ce disque un peu fou, hors du temps, hors catégorie, ou pour parler comme Les Inrocks, un disque « omniscient, épique et pourtant léger, rétrovisionnaire ». Ce qui caractérise ces morceaux, c’est l’utilisation prodigieusement délicate et habile qu’il fait d’un matériau on ne peut plus tenu.

Sa voix, fragile, souvent juste sussurée, parfois soutenus par des choeurs; une ligne mélodique simple, des paroles souvent répétitives, voire hypnotiques (« Jesus Christ is your Lord, Jesus Christ he is your friend », oui on peut répéter ça pendant 5 minutes sans s’ennuyer une seule seconde). Quelques accords de piano qui déboulent, parfaitement placés, qui ouvrent tout un champ harmonique jusqu’alors inaperçu. Une basse frétillante qui donne envie de bouger d’un bout à l’autre de ces longs morceaux. Et tout à coup, au bout de 3 ou 4 minutes, alors que d’autres arrêteraient là ou se contenteraient de tirer à la ligne, une nouvelle idée arrive, comme le « Why don’t you drop that shit » sur le single « Big Love », qui renouvelle complètement le morceau, lui donne une tout autre dimension, et c’est reparti pour un tour.

Tout n’est pas parfait c’est vrai. La voix est parfois anémique. L’inspiration sur quelques morceaux un peu légère. La suprême élégance frise de temps en temps un distingué ennui. Et il semble que sur scène, la magie d’une production arrangée au millimètre en studio peine grandement à se reproduire.

Mais quand tout se met bien en place, comme sur la basse, la mélodie et les choeurs hallucinants de « Big Love » (les geeks électros de Hot Chip ne s’y sont pas trompés en en livrant un remix d’anthologie), sur la conclusion « Only love can do that », orgiaque, de « Will you love me », sur la conclusion enlevée déjà cité de « Brazos », on n’en croit pas ses oreilles du degré de perfection de ces morceaux, on peine à croire qu’un tel disque soit sorti en 2013 et on se dépêche de le ré-écouter.

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