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Zero Dark Thirty

Publié le

Imagevu à l’UGC Rouen St Sever le 26 janvier 2013

Voici donc un des gros favoris pour les Oscars de cette année. Pour ma part, si j’ai trouvé le film abouti et réussi, j’y ai aussi vu assez de lacunes ou de faiblesses pour ne pas mériter une avalanche de statuettes.
Schématiquement, le film se divise en 2 parties très distinctes : tout d’abord une longue séquence d’enquête, où nous suivons l’héroïne (Jessica Chastain), agent de la CIA dans les équipes de suivi des terrorristes post 9/11, recherche avec obstination et ténacité un suspect qu’elle estime avoir joué un rôle crucial. La route est longue et tortueuse, avec des fausses pistes, des moments durs, le recours aux informations obtenues grâce à la torture, à la corruption; on sent bien l’immense travail de fourmi qui est le sien. On est cependant totalement dans le genre du film d’enquête, et cette partie m’a évidemment fait penser au Zodiac de Fincher pour cette longue quête parfois absconse, parfois absurde, parfois sanglante, parfois réussie.
Une fois l’enquête aboutie (on connaît tous la fin…), vient la séquence d’assaut de la maison de Ben Laden, toute en caméras subjective, sans commentaires ou presque, et parfois au travers des optiques de vision nocturne des Navy Seals. J’ai été scotché par cette séquence, implacable, dense, haletante, bizarrement sans esbrouffe (au pire on fait sauter une porte…), très réalistes, indéniablement très réussie. Là, on pense plutôt au Black Hawk Dawn de Ridley Scott, pour cette vision technologique et à hauteur d’homme de la guerre.
Pourquoi n’ai-je pas été emballé au final par le film ? Si l’ensemble est d’un point de vue technique et de mise en scène parfaitement abouti et maîtrisé, je regrette d’abord le manque de cohérence des 2 séquences, ainsi que le manque de rythme de la première.
Je n’ai pas non plus été séduit par un scenario qui manque de subtilité ou d’empathie sur cette partie (le même agent fait à la fois des interrogatoires sur des sites secrets, travaille sur place au Pakistan, organise les enquêtes, va faire un tour à Langley…?), par le personnage finalement désincarné, peu attachant et peu crédible de Chastain (pourquoi cette motivation, cet acharnement, comment vit-elle les échecs intermédiaires autrement qu’en serrant les dents ?).
Enfin, les séquences de torture par waterboarding, si elles sont difficiles à regarder, ne m’ont pas semblé apologiques; tout au contraire, elles permettent à chacun de faire progresser sa réflexion sur le sujet – et on notera quand dans le scénario, aucune information fiable ou décisive n’aura été obtenue par ce moyen.

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